Bel article sur Nathalie Noah et l'association EDLT

Très bel article sur Nathalie Noah et l'association des ENFANTS DE LA TERRE sorti le 05/04/2018, dans le Rugby Magazine. 
Un grand merci au Rugby Club et à Olivier Dufour.

"Les Enfants de la Terre fêtera ses 30 ans en 2018. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?
Je crois que ce qu’il faut retenir en premier, c’est que l’on a duré tout ce temps – Maman pendant vingt-cinq ans et moi depuis cinq ans – parce que l’on est constamment sur le terrain. Si l’on ne faisait pas comme cela, ça ne fonctionnerait pas de la même manière. Je vois certaines associations avoir des soucis, fermer parfois, parce que les gens sont peut-être moins sur le terrain. Alors c’est sûr, il faut du coup tout gérer. Physiquement et mentalement, cela peut être dur mais, de toute façon, j’ai besoin d’être au plus près de l’action. S’il faut juste défendre un nom en restant dans un bureau, ça ne m’intéresse pas.

Vous agissez sur de nombreux fronts avec l’association. Les chantiers ne manquent pas…
L’idée générale est de venir en aide aux enfants qui en ont besoin. On a deux « maisons-tendresse » où on les accueille pendant les vacances scolaires. À côté de cela – et c’était le rêve de Maman à la fin de ses jours –, on s’occupe désormais aussi des mères. Maman avait l’ambition de soulager un peu ces femmes seules. On les aide à mieux gérer leur relation avec leurs enfants ; elles ne savent pas toujours comment bien les élever, jouer avec eux. On a cinq studios pour cela. Et puis comme ça n’était pas assez, on a une salle de jeux à l’hôpital Robert-Debré où, chaque samedi, une dizaine de bénévoles intervient auprès des enfants. On est aussi présents en Afrique. Au Sénégal d’abord, où on a monté deux classes et mis à disposition un bus pour que les enfants n’aillent plus à l’école à pied, mais aussi au Cameroun où on a une école maternelle, ou encore au Burkina Faso où on envoie des jouets, notamment grâce à nos partenaires. Enfin, on rapatrie des enfants qui doivent se faire opérer et on accompagne leur famille.

Cela a été naturel pour vous de reprendre l’association de votre mère ?
Quatre jours après sa mort, on s’est demandé avec Yannick ce que l’on allait faire. Et puis j’y suis passée et un séjour d’enfants commençait la semaine suivante. Ils m’ont dit : « On n’a personne pour assurer. » J’ai répondu : « Ok, j’y vais. » C’était le premier séjour que je faisais de bout en bout. Avant, quand Maman gérait, je passais plus ponctuellement. Là, je suis arrivée, il y avait une dizaine d’enfants et j’ai craqué, je suis tombée amoureuse. Je me suis dit : « Je continue. » Il n’était pas question de fermer l’association, mais il était important que Yannick ou moi en prenne la tête. Lui ne pouvait pas, donc j’ai pris le relais.

D’où vient cet altruisme ?
Enfant, au Cameroun, je n’allais à l’école que le matin et l’après-midi, dès 12 ans, je faisais la maîtresse ! On est tous comme ça dans la famille… jusqu’aux derniers enfants. Cela vient de nos deux parents. Maman était d’une générosité totale et Papa aussi finalement. Quand il a été malade, on est allés chez lui pendant une longue période et, en fait, il faisait Les Enfants de la Terre puissance 10 là-bas. Quand il est décédé, des gens ont débarqué afin de nous remercier pour ce qu’il avait fait. Un handicapé à qui il avait offert un fauteuil, des avocats ou des médecins à qui il avait payé les études… On découvrait Papa sous un nouvel angle. Généreux et discret, dans son petit coin. C’était émouvant.

Comment fonctionne l’association aujourd’hui ?
Il y a d’abord l’apport important de Yannick avec les concerts. Ensuite, on a des partenaires fidèles comme Clarins qui est dirigé par les Courtin. C’est notre petite famille, on partage beaucoup de choses ensemble. Ils sont avec nous depuis vingt ans ! Ils donnent beaucoup. Tout comme B. Braun, une société dans le médical, qui fait des fauteuils et de l’appareillage. Nous avons aussi Air France qui offre des billets d’avion quand on fait venir les enfants pour les opérations. Et puis on a plein de donateurs, des legs. Enfin, on fait tout ce que l’on peut pour gagner de l’argent pour les enfants.

Vous êtes aussi liés au Rugby Club…
Oui, on y a organisé récemment une vente aux enchères avec un maillot des Barbarians. Je connais bien Thomas Chardon qui est le directeur des opérations et Denis Charvet qui a fait don du maillot. On a aussi organisé le Noël de l’association avec 120 personnes dans les locaux. Il y a une vraie communauté d’esprit entre nous. Avec beaucoup de solidarité et de passion partagée.
Quels sont les enjeux pour les mois à venir ?
On veut faire plus de séjours avec les enfants en France, sur toutes les zones. Et il y a le concert 2018 pour les 30 ans de l’association, et pour Maman, évidemment, car elle a fait un boulot dingue pendant toutes ces années. Ça a été toute sa vie. On a de quoi s’occuper car les demandes restent croissantes."